| La famille a posé le pied sur le sol Irlandais dimanche dernier, accueillie par Jodi et moi, bouquet de jonquilles en main. Bien sûr le temps ne valait pas le soleil de Carcassonne mais ces derniers temps l'Irlande ne se défend pas trop mal et c'est sous un ciel bleu que nous avons pris la route de Limerick. Cathédrales et quartier médiéval, les pierres grises ne nous ont pas retenus longtemps puisque la famille de Jodi nous attendait à Cork. A peine arrivés dans la ferme de la famille Good, nous passons à table. Imaginez une longue table éclairée à la bougie, avec des convives Irlandais, Américains et Français. Le mélange des langues était particulièrement amusant, avec une traduction presque simultanée et des rires en décalé… Nous avons été reçus comme des rois! Echange de culture oblige, les valises familiales contenaient quelques bouteilles de vin et autres produits du terroir périgourdin, cuisinés pour l'occasion avec des patates irlandaises. Les magrets ont été appréciés, mais peut-être pas autant que les scones fabriqués maison par la maman de Jodi: ce sont des pâtisseries irlandaises entre la brioche et le sablé qui comblent nos petit déjeuners. Assez parlé de nourriture, nous ne sommes pas restés les pieds sous la table, loin de là! Une grande aventure fût la sortie en bateau avec James et Jodi. Un ciel d'un bleu éblouissant, une mer qui lui volait la vedette, et un décor de falaises des plus impressionnants… Ajoutez à cela quelques phoques timides qui prenaient leur bain et la joie d'Anna & papa qui ont pêché un poisson chacun… atterris dans nos assiettes quelques petites heures plus tard. Il est difficile de décrire la beauté de l'océan ainsi que la magie de tels moments… peut-être les photos vous en diront un peu plus. Il nous a même été permis d'apercevoir des dauphins !!! Vraiment, je n'aurai jamais cru voir 'mes premiers dauphins sauvages' en mer d'Irlande ! C'est donc heureux et éblouis que nous sommes rentrés. Le lendemain nous avons visité Kinsale et ses rues colorées, ainsi qu'un fort inspiré de l'architecture de Vauban, massif témoignage des luttes anglo-irlandaises. Ensuite Sarah nous a amenés à Cork, la deuxième plus grande ville d'Irlande après Dublin, dont l'impressionnant dénivellement des rues est devenu le cauchemar des jeunes automobilistes du coin. Nous nous arrêtons dans un pub pour goûter l'atmosphère de l'Irlande et de ses bières. Slanta: Premières Guinness en Irlande! C'était la dernière nuit dans la ferme de la famille Good, mais on s'est promis de se revoir en terre gauloise. C'est donc à quatre que nous continuons l'aventure, direction la Baie de Dingel. Là aussi nous avons trouvé des paysages à couper le souffle. Ici les oiseaux sont les rois et investissent les plus inaccessibles recoins des falaises. Ces sites semblent encore préservés des touristes et nos rencontres se sont limitées aux salutations des fermiers et de leurs troupeaux. Meuuuuh! Bêêêêêh! Vaches et moutons mêlent leurs cris aux ronflements des vagues qui se fracassent contre les récifs. Les histoires de naufrageurs remontent en mémoire… Attirer les bateaux pour récupérer leur cargaison, le vin qui vient de France ou la laine qui y part. La fortune contre des cailloux. Les cailloux sont un véritable leitmotiv en Irlande, dressés en murs sur des plaines entières, voire sur des montagnes, entourant des pâturages vert fluo ou des champs de pierres (sic!). Un nouveau coucher de soleil sur la mer, puis le lendemain nous reprenons la route cette fois pour remonter à Galway. Non sans nous arrêter aux Cliffs of Moher, totalement dénaturées par un complexe pour touristes… On regrette déjà les paysages sauvages de Dingel ! Arrivés à Galway, j'ai laissé les parents marcher en bord de mer pour donner mon petit cours de salsa (un, deux, trois, stop!). Allez, il est temps de visiter Centrepoint. Ce sont les retrouvailles avec Alex, les présentations des autres de mes amis dont mes parents et vous-même avez tant entendu parlé. Après une bonne nuit, nous partons à la visite de Galway… Son port, ses bars, mais surtout sa grande rue, 'Shop Street' et son ambiance. Le soleil fait des miracles en Irlande, et dès qu'il pointe le bout de son nez, tout le monde se précipite dehors. Spectacles de rue et pintes qui s'entrechoquent: Failte Ireland ! Il est temps pour moi de m'éclipser pour mon service à l'hôtel. Le lendemain, c'est mon dernier jour. Etrange sensation de quitter cet hôtel dans lequel je travaille depuis bientôt trois mois. Tout chose a une fin, et c'est avec émotion que j'ai quitté mes collègues qui m'ont adressés de touchants discours. See you ! Pendant ce temps, Anna et mes parents parcourent le Connemara, en tentant d'éviter les moutons suicidaires qui se couchent sur la route… Ce soir, c'est resto pour l'Alliance franco-québécoise: Alex et PO viennent déguster huîtres de Galway et autre 'seafood' en compagnie de toute la famille. Douce soirée aux discussions passionnées avec les Irlandaises courtement vêtues qui défilent à nos côtés. Rentrés à Centrepoint, les gars s'installent pour jouer au poker pendant que je finis mon essay de 'Sociology of Ethnic Conflict'. L'année scolaire aussi touche à sa fin ici… C'est donc une bien courte nuit qui précède notre départ pour les îles d'Aran. Après 40 minutes de ferry, nous accostons sur Inishmore ('la grande île'), la plus grande des trois îles d'Aran. Le temps s'est couvert et c'est sous un ciel blanc et brumeux que nous parcourons les sentiers de pierres avec nos vélos. Ce ne sont pas des VTT pour rien! Nos ischions en ont pris pour leur grade! Nos yeux par contre en ont pris pour vingt ans tant ces paysages sont fascinants. Bon, il y a beaucoup de pierres. Tout est en pierre d'ailleurs. Mais l'ensemble forme un décor absolument unique. Anciens lieux de cultes celtes, fort préhistorique donnant sur la mer, anciennes habitations de moines ou d'ermites, églises et chapelles: toutes ces constructions sont en pierre. Les îles d'Aran sont aussi réputées pour avoir conservé l'utilisation de la langue gaélique. Mais nous avons tout de même réussi à converser in english, en découvrant le charme d'un accent des plus intenses! Un papi nous a particulièrement faits rires, nous parlant d'un grand cheval anglais qui portait des pierres; il nous donnait force détails sans me laisser une seconde pour traduire à mes parents, qui le regardaient d'un œil incertain. Maman et moi avions beaucoup de mal à retenir un fou rire tant son accent et ses manières étaient comiques. Il nous a laissé, expliquant qu'il apportait des patates à ses deux petits chevaux. Un autre insulaire qui nous a beaucoup fait rire, c'est celui qui nous a accueilli à l'hôtel des artistes. Il est arrivé les yeux encore lourds de sommeil et n'a pas tardé à se prendre la tête entre les mains en maudissants les pintes de la veille 'too moutch drinking yestorday, too moutch bier!' [avec l'accent!]. Il a donc encaissé notre nuit et a rejoint son lit sans tarder. Un autre personnage de ce petit gîte, c'est Marion. C'est ma première homonyme irlandaise, qui s'exprime elle aussi avec un accent des plus cocasses, et ponctuait pour l'occasion chacune de ses phrases par un vibrant 'Marione'. Deux jours sur cette île était le minimum pour en apprécier la valeur et surtout pour fuir la masse de touriste, encore modeste en cette période. Le retour à Galway a un parfum de fin de séjour. Larissa, Marie, Adeline et Nuno nous rejoignent pour un apéritif, partageant ensemble nos différentes expériences irlandaises. Le réveil sonne trèèès tôt ce matin pour accompagner ma petite famille au bus. Direction Carcassonne… Nous aurons partagé un peu de rêve irlandais ! |