Dernières minutes Irlandaises

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Irlande - Dublin Airport
de marion, le 14-06-2007

Dernières minutes Irlandaises

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Commencer à écrire ce qui devrait être mon dernier article s'avère très difficile. Je redoute particulièrement de poser le mot "fin" lorsque j'aurai terminé de vous raconter ces derniers jours. Mais comme il s'est passé beaucoup de choses, il me reste la possibilité d'être bavarde et repousser le plus possible le moment fatidique …

J'écris ce dernier article depuis l'aéroport de Dublin. Derniers instants en Irlande, mais déjà entourée de Français particulièrement bruyants. C'est quelque chose que chacune de mes aventures hors de France m'a prouvé : nous ne sommes pas un peuple des plus discrets … Ces derniers moments ont quelque chose de magique et de traumatisant. Ils représentent à la fois une page qui se tourne pour continuer la lecture et aller de l'avant. Mais c'est aussi une blessure qui s'ouvre. On sait que ce ne sera plus jamais pareil. C'est donc mitigée entre l'excitation de rentrer et la douleur de tout quitter que j'écris, avec quelques larmes qui n'ont pu s'empêcher de venir arroser mes joues.

Comment en suis-je arrivée là ? Cela remonte à mercredi dernier, quand je suis donc revenue de Dublin par le premier bus afin de vérifier par moi-même ce qu'il était arrivé à ma Titine. A peine arrivée à la résidence, un Irlandais entre avec moi dans l'ascenseur. Je rentrais juste de Dublin, toute encombrée de bagages, et toute mouillée pour avoir attendu sous la pluie (puisque notre premier bus est tombé en panne) et être rentrée à pieds, toujours sous une pluie des plus irlandaises. Mon camarade d'ascenseur, très observateur, me fait remarquer que j'ai la tête de quelqu'un qui n'a pas passé une excellente soirée. Sans répondre directement à mon Sherlock Holmes imbibé de bière, j'explique qu'il me faut aller au sous-sol afin de vérifier quelque chose sur ma voiture. A ce moment, il s'arrête et ajoute en fronçant les sourcils : "oh! You must be… Mary … Marian !" Après un "Do I know you ?" sceptique de ma part, il m'explique qu'il s'appelle John, qu'il travaille dans une compagnie de location de véhicules et que mes voisins lui ont parlé du problème. On fait donc tous les deux le tour de Titine, et remplaçant ses talents de détectives par ceux de devins, il me prédit des réparations bien plus élevées que la valeur même de ma voiture. Voulant y croire malgré tout, je ne l'écoute pas. Je monte pour rejoindre Larissa puis Manuel. C'est bon de ne pas être seule. Surtout après ma semaine dublinoise particulièrement peu sociable. Lorsque je rentre dans ma chambre, j'ai un coup au cœur. Dans l'obscurité je peux distinguer des objets éparpillés partout sur mon lit, mon bureau… or je savais que j'avais laissé mon côté parfaitement rangé. Après m'être faite exploser la voiture, avoir attendu un bus pour gamins au milieu de nulle part pour rentrer sous la pluie, je me serais faite cambrioler ? J'allume la lumière pour vérifier, un peu affolée, je dois l'avouer. A ce moment, je vois Jodi jaillir de son lit et se précipiter sur le mien afin de débarrasser toutes ses affaires qui décoraient mon côté. Ouf ! Pas de cambriolage, juste des fringues, chaussures et autres bibelots d'une Irlandaise qui ne savait pas quoi mettre pour sortir. Je n'ai jamais autant apprécié de voir le bazar de quelqu'un d'autre, vraiment ! Toute rassurée sur ce point, je tente de dormir, mais je vous avoue que le sommeil est long à venir dans ces cas là.

Jeudi matin, je me lève tôt. Au programme, les garages pour une estimation des dommages et du coût des réparations, ainsi qu'une petite visite à nos amis de la Garda. Robert devient mon assistant attitré, à la fois plus calme que moi et utilement plus calé en vocabulaire mécanique… Robert, c'est un de mes chouchous 'd'élèves de salsa'. Piqué des rythmes latinos, il faisait partie des habitués du 903 où nous sortions tous les mercredis soirs. Robert, donc, qui m'a accompagnée toute la journée, à courir derrière la vidéo qui pourrait appuyer ma déposition à la police, à courir d'un garage à l'autre pour comparer les estimations et se faire une opinion, à courir jusqu'au poste de police, où l'on nous dit gentiment de les appeler le lendemain, une fois en possession de ladite vidéo. Vidéo qui ne peut nous être remise parce que nous ne sommes pas habilité à posséder le copie d'un tel document (sic!), vidéo qui commence à nous apparaître très fantomatique : tout le monde en parle, mais personne ne sait comment se la procurer… Une journée de perdue. A la fin de ce jeudi, nous ne sommes pas plus avancés que la veille. Sauf que le constat des garagistes, c'est que ma Titine n'est pas réparable. Il faudrait compter 2000€ minimum de frais de réparation… A peine un peu plus que sa valeur, quoi !

Vendredi, les choses se décoincent. La copie de la vidéo est parvenue à l'Office de la résidence, et nous pouvons donc appeler les policiers. Ceux-ci arrivent. Les policiers irlandais sont beaucoup plus relax que leurs homologues anglais. Ils sont même très, très relax. Sans stress donc il font le tour de ma voiture, partageant tout de même leur inquiétude : d'habitude ils bougent la voiture pour faire une expertise. Ben euh… à votre avis pourquoi je ne l'ai pas bougé ma voiture ? Simplement parce qu'elle ne peut plus être conduite (le volant jonchait sur le sol, complètement arraché). Mis à part être là avec leurs uniformes ils ne m'apparaissaient pas des plus utiles ces dignes représentants de l'ordre. Nous montons tous ensemble pour regarder la vidéo. Cela peut paraître stupide, mais cette vidéo m'a faite mal. On n'y voit pas grand-chose ; presque rien en fait. Simplement trois gars d'une vingtaine d'années, qui se précipitent droit sur ma voiture, armés d'un bâton, et qui commencent à la défoncer : portière et vitre, l'un tente d'ouvrir le coffre ; une voiture devant cache leurs gestes, mais on peut deviner qu'ils ont fait levier avec le bâton pour casser le volant (et avec lui toute la direction de la voiture). Ils tentent de prendre mon autoradio, mais sans la façade ils ne peuvent rien en faire… Ils mettent à sac ma voiture, tentant de découvrir un hypothétique trésor, puis partent en emportant des pièces que mon grand-père avait laissé là … des Francs : Très utile !!!

Voilà. Le tout en seulement QUATRE minutes, à 11 heures du matin. Il me faut avouer que je ne comprends toujours pas. Quatre minutes qui me mettent dans une situation des plus ennuyeuses, quatre minutes qui leur ont apporté quoi ? Quelques francs qu'ils ne pourront jamais écouler. Quant à moi, je devais prendre le ferry cinq jours plus tard ; billet payé, trajet tout organisé. Me voici sans moyen de locomotion, avec une assurance qui ne peut rien faire d'autre que … d'arrêter l'assurance de cette voiture. Autant vous dire qu'à ce moment là, j'avais le moral bien bas. Je commençais à me dire que j'allais devoir passer mes économies dans mon retour et annuler mes projets estivaux –un voyage au Canada ! Un nuit de plus sans trop dormir, en train de faire mes valises mentalement, prête à organiser un mini braderie au cœur de la résidence … Deux petites heures après que j'aie enfin réussi à m'endormir, mon téléphone sonne. Je reconnais l'indicatif anglais (0044) et pensant que c'est mon ami Seb, je fais un 'helloooooo !' aussi enjoué que possible. Au bout du fil, ce n'est pas Seb mais un certain Sylvain, d'Europassistance, auprès duquel je suis définitivement grillée… Europassistance apparaît comme un Ange dans cette histoire. A partir de ce moment là, tout s'est arrangé : ils me paient le billet d'avion, et surtout ils me paient le transport de mes bagages, qui seront livrés chez mes parents dans une vingtaine de jour. Enfin sourire un peu ; enfin profiter des derniers moments avec tous ceux qui ont illuminé mon année irlandaise. A partir de ce moment, je partage les jours qui me restent entre la mise en cartons de mes affaires et les moments avec les amis. Et quand c'est possible, les deux. Juste pour l'anecdote, j'ai eu l'intelligence de fermer un carton qui contenait tous mes vêtements… Heureusement, je n'étais pas la seule à partir. Cécile aussi empaquetait ses affaires, tentant de limiter au possible l'excédant de poids de ses bagages. La 'mini braderie' a donc eu lieu appartement 31, où chacune a récupéré des fringues ou des produits de beauté. Aujourd'hui je suis donc 'habillée en Cécile' pour rentrer sous le soleil bergeracois.

(je dois embarquer & mon ordinateur n'a plus de batterie… à suivre !)


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Commentaires sur cet article
manu
L'irlande me manque aussi

www.visite-irlande.ovh.org
 

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