| J + 247 indique le sablier qui a décompté tout au long de cette année chacun de mes jours passé en Irlande. Le billet de ferry est réservé et le retour approche à grands pas. Déjà les adieux ont commencé, et notre chère résidence se vide peu à peu de ses meilleurs éléments… De mon côté, cette fin de séjour aurait été parfaite si tout s'était déroulé comme prévu : dix jours studieux à Dublin (qui malheureusement ont été bien peu productifs comparé à ce que j'avais escompté) ; puis un retour triomphal à Galway en compagnie de Sophie, mon amie qui étudie à Dublin ; une Leaving Party géniale pour avoir l'occasion de dire au revoir à tous ceux qui ont ensoleillé mon séjour en Irlande ; et enfin un retour sans souci vers le soleil de France. Oui mais dans la vie, tout ne se déroule pas toujours comme on le voudrait ! J'en ai la preuve en ce moment… Mercredi 16 Mai, Salle des photocopieuses, Trinity College, Dublin, 19h. Entre deux photocopies de documents destinés à alimenter mon mémoire, je reçois un appel de Nans -un des membres de la 'Communauté Centrepoint' à Galway: "Marion, assieds-toi - euh, pourquoi ? - Assieds-toi j'ai quelque chose à t'annoncer - … plutôt bonne ou mauvaise nouvelle ? - Mauvaise, très mauvaise - … (je m'assieds donc au milieu des photocopieuses) - Ta voiture s'est faite fracturée, et le volant a été arraché - … Voilà se qui s'appelle un coup du Destin. Un sacré coup, qui me laisse complètement abasourdie durant quelques longues minutes. Juste pour l'anecdote, lors de mon dernier séjour à Dublin, j'avais oublié chez Sophie un sac qui contenait quelques objets et bijoux auxquels je tenais ; manque de chance elle s'est faite cambrioler, et mon sac a été emporté en même temps que son DVD The devil wears Prada. J'ai beau savoir qu'il ne faut pas s'attacher aux objets, ce genre de leçon de 'détachement' s'avère un peu rude et sans appel ! Nouveau coup du sort donc, qui m'oblige à rentrer à Galway plus tôt que prévu, un peu en catastrophe. Non sans appeler mes parents. Et là c'est le drame ! Au milieu de notre conversation via 'skype', c'est-à-dire au milieu du cybercafé, j'explose en sanglots. Une petite fille s'approche de moi et me dit en français 'il faut pas pleurer'. Dire que je pensais avoir au moins l'intimité de la langue, c'est raté. Son père, un Tunisien qui travaille à Dublin commence donc à insulter les types qui ont fait du mal à ma Titine. "T'sais, j'ai des amis qui peuvent t'arranger ça ; ah t'habites Galway? Mmmhm, un peu loin ça ! ; ah tu dois prendre le ferry mardi matin ? Ben euh … bon courage !" Je chuchote un 'merci' entre deux reniflements et je me précipite chez Sophie pour faire mes bagages. Dix minutes chrono plus tard, je laisse les clefs de Sophie à sa colocataire. Histoire de me remonter le moral elle m'explique que ça lui est arrivé aussi et que sa voiture a fini à la casse. Génial. Sur ces bonnes nouvelles, je mets mes sacs sur le dos et j'attrape le dernier bus pour Galway. Heure d'arrivée prévue : 1h du matin. Cécile se propose de venir m'accueillir à la gare des bus. Jiri me propose de venir me chercher en voiture. Bon au moins je ne serai pas seule ! Mais un malheur n'arrivant jamais seul, et juste pour me donner l'occasion d"écrire quelque chose sur ce site avant de partir, mon bus s'arrête à mi-chemin faute de phares. Pour conduire de nuit, c'est embêtant, en effet ! Nous voici donc arrêtés, à attendre un second bus qui voudra bien nous conduire à destination. Un second 'bus' … C'est un mini bus de ramassage scolaire (pour école primaire, je suppose, d'après la taille des sièges) qui eut l'heur de mettre nos colonnes vertébrales à rude épreuve, dans les moindres vertèbres ! Pour le coup c'est avec plus d'une heure et demi de retard que nous arrivons à Galway. Jiri travaillant à 7h le matin est parti se coucher. Je me retrouve avec mes sacs plein de photocopies, à porter le poids de la science. En plus il pleut. Vive l'Irlande ! Au programme demain : le bureau de la résidence, histoire de savoir si les caméras ont filmé quelque chose. Que ce soit utile, pour une fois, de vivre dans un monde 'Big brother' ! Mais je ne suis pas sûre que cela marche, vu qu'outre les %µ££$*$ qui ont cassé ma voiture, il y en a qui n'ont rien trouver de plus amusant que de piquer deux des caméras de surveillance de la résidence. Ce qu'il y a d'amusant dans l'histoire, c'est qu'ils ont été filmés pendant un bon moment avant d'avoir l'idée lumineuse d'arracher les caméras. Dès que cette brillante idée leur est venue, ils ont mis leurs T-shirts sur la tête et se sont approchés pour mettre leur projet à exécution… Sauf que 3 min avec un t-shirt sur la tête n'efface pas la demi heure précédente où ils se baladaient tête nue. La preuve que ce ne sont pas les plus intelligents qui commentent d'aussi stupides larcins. Après cette visite au bureau, direction la Police pour porter plainte puis le garagiste pour savoir ce qu'il en est. Savoir au moins si je rentrerai avec ou sans Titine. Après avoir eu une expérience à l'hôpital grâce à Marie, je ne quitterai pas l'Irlande sans la chance de connaître le commissariat irlandais et le garagiste. (à suivre …) |