| " /> (appuyez sur la flêche 'Play' pour lire ces lignes sur Belfast en écoutant La Ballade Nord Irlandaise de Renaud)
Nous voici revenues d'un périple Galway-Belfast-Dublin-Galway. Marie, Larissa et moi sommes parties vendredi pour rejoindre Pierre-Olivier à Belfast. Il était prévu que Manuel nous accompagne mais un partiel l'a convaincu de rester à Galway, et j'ai donc conduit jusqu'à Belfast… je vous laisse imaginer la fatigue. D'autant que la pluie nous a gentiment suivies durant la grande majorité du trajet et nous passions donc nos pauses en compagnie de Titine. Nous ne l'avons pas lâchée d'une semelle sept heures durant. L'arrivée à Belfast a été pleine de surprises, non seulement parce que nous ne savions pas du tout où aller, mais surtout parce que je ne m'attendais pas du tout à me retrouver au milieu d'une ville qui arbore fièrement d'imposants bâtiments de style victorien. Pas de doute, nous sommes bien au Royaume-Uni. La frontière avec l'Irlande n'est pas définie par des cabanes de douanier mais on s'en aperçoit lorsque se multiplient les petites banques de change, ainsi que les panneaux qui indiquaient Belfast à encore 80km, et tout d'un coup cela passe à 50. Mais pas une cinquantaine de km: 50 miles bien sûr. Je me disais aussi… Titine n'avance pas à 30km/minute ! Malgré nos doutes et nos hésitations, nous avons trouvé l'auberge de jeunesse sans problème et du premier coup. PO n'étant pas encore arrivé, nous sommes allées découvrir la vie nocturne de la capitale Nord Irlandaise. Je le répète, j'ai été très surprise de l'architecture des bâtiments du centre-ville et du calme des rues. Disons que les seules photos que j'avais vues de Belfast m'ont été présentées par mon prof de Sociology of Ethnic Conflict. Belfast n'est donc pas constituée seulement de Peace Lines et de séparation entre catholiques et protestants. Nous avons trouvé un pub derrière l'impressionnant City Hall, où le fameux cidre irlandais Bullmers se vend sous le nom de Magners. Juste histoire de ne pas faire comme les Irlandais du Sud. Même les pintes de Guinness affichent 'made in Northern Ireland'. On ne sait jamais: le verre de l'Irlande pourraient empoisonner ceux du Nord! Sur ces considérations, PO nous a rejointes et nous avons passé une belle soirée, tout en étant bien conscients que c'est une des toutes dernières qu'il nous était donné de passer ensemble… Après une bonne nuit de sommeil dans un dortoir de 20, nous voici en route pour découvrir Belfast et son histoire. Quittant les beaux quartiers qui nous avaient tant impressionnés la veille, nous avons rejoint la partie Ouest, véritable mémorial de tous les troubles qui ont agité la région. Les murs sont colorés de peintures de style plus ou moins naïf, mais avec des messages sans la moindre once de naïveté. Les revendications ethniques prennent une dimension internationale, créant une solidarité entre cette Irlande déchirée et la Palestine, ou encore la Catalogne. Le paysage est sans commune mesure avec ce fastueux centre-ville dans lequel nous marchions il y a ¼ d'heure à peine. Les maisons sont maintenant bordées de grillages, les rues sont sales, mais surtout il y a ce mur à notre droite, qui nous coupe de l'autre moitié de la ville. Comme si Belfast était manchote, amputée d'une partie d'elle-même. Comment ont-ils pu croire que ces Peace Line amélioreraient la situation? C'était tout de même prévisible que séparer encore davantage ces deux groupes ethniques ne feraient que renforcer l'incompréhension et les tensions. Chaque rue ou presque arbore tristement des plaques ou des peintures qui rappelle tel ou tel massacre ou autre sympathique tuerie. Les photos vous donneront certainement une idée plus précise de ce paysage atypique en Europe. Les tensions sont toujours ; la population vit toujours entourée de grilles et de barrières. Les peintures rappellent à chaque coin de rue la violence qui habite le quartier, la ville, la région. Une bien étrange impression que de marcher dans ces rues. On se perd dans le temps et l'histoire, laissant les images peintes se mêler à la réalité. Voici une carte pour comprendre la division ethnique de la ville :  (Source de l'image: http://history.wisc.edu/archdeacon/famine/belfast.html ) Une soirée dans le plus vieux pub de Belfast, et dès le lendemain, Marie prend le bus pour rentrer à Galway. PO, Larissa et moi emmenons Titine se promener sur la côte, au Nord Ouest de Belfast. Nous avons même pu apercevoir une infime partie de la côte écossaise… Le but de notre expédition, c'étaient les impressionnantes Giant's Causeway. Ce lieu a inspiré de nombreuses légendes, notamment celle qui voudrait que cette Chaussée des Géants ait été construite par Fionn mac Cumhail pour marcher jusqu’en Écosse afin de combattre un géant écossais du nom de Benandonner. Une autre version de la légende dit que Fionn mac Cumhail aurait prit peur en voyant la taille des géants écossais, largement favorisés comparé à lui. De retour chez lui, sa femme l'entoura de lange et le plaça dans un berceau. Quand Benandonner vint à sa recherche, Oonagh, la femme de Fionn fit mine de changer son faux bébé ; l'Ecossais prit alors peur en imaginant la talle du père d'un tel enfant. Ayant donc prit le géant Fionn pour son fils, il s’enfuit vers l’Écosse en détruisant la Chaussée… C'est sur cette 'celtic touch' que je vous laisse… Puisque la suite c'est le départ de PO, qui a rejoint son cher Québec, puis une courte escale à Dublin qui nous a permis, à Larissa et moi, de travailler sur des documents indisponibles à Galway. Nous voici de retour à Centrepoint, plein de bonnes résolutions pour avancer nos mémoires. Take Care ! |