On m’avait bien conseillé de ne pas chercher de logement avant mon arrivée : « ce sera facile, vraiment ! »
Une fois sur place j’apprends que cette année ce n’est plus aussi facile que ça. Certains expliquent ça par l’augmentation brutale du nombre d’immigrés, notamment Polonais ; d’autres avancent l’argument d’une croissance du nombre d’étudiants de première année … Les deux combinés, on se doute qu’il faut loger tout ce petit monde et donc que le logement devient une denrée rare sur le marché.
Voici donc la procédure de recherche que j’ai dû adopter :
Pour commencer : se rendre à l’Accommodation Office de l’université, qui remettent une liste déjà périmée et sans prix indiqués.
Se rendre en ville pour acquérir une carte SIM (gratuite) et 10euros de forfait ; monter un escalier sordide et marchander avec un Russe aux cheveux gras le prix pour faire débloquer le portable français qui est « justement !» le modèle le plus difficile à travailler. Parlementer, serrer la main et revenir deux heures plus tard.
Ecumer trois ou quatre fois par jour le site www.daft.ie et appeler immédiatement :
« Hi, I’m calling about the room…
- Sorry, it’s gone”
Poireauter presque trois heures sous la pluie pour avoir un exemplaire du Galway Advertiser (journal d’annonces). Au lieu des 10 pages habituellement consacrées aux annonces de logement, seulement quatre nous sont remises aujourd’hui. Les premiers servis (qui attendent depuis le matin) ont déjà le portable à la main… Donc les trois heures d’attente plus tard, on entend de nouveau le même refrain :
« Hi, I’m calling about the room…
- Sorry, it’s gone”
Au bout d’une trentaine d’appels infructueux, retourner sur daft.ie, envoyer des mails et appeler à propos des nouvelles annonces … Oh ! Une RDV pour demain ; deux RDV pour aujourd’hui :
Se rendre à l’autre bout de la ville sous une pluie torrentielle : vraiment trop loin (presque à ¾ d’heure en voiture de la fac). L’autre est trop cher, surtout que c’est sans compter les charges…
Une remarque en passant : de nombreuses annonces mentionnent la distance entre le logement à louer et la NUIG (université de Galway). Souvent c’est « 10 min walk from NUIG » ; après vérification de plusieurs je n’arrive toujours pas à savoir si c’est que les Irlandais sont des marcheurs d’une rapidité étonnante ou s’ils n’hésite pas à mentir effrontément pour louer plus facilement.
Attendre plein d’espoir le RDV du lendemain puisque personne d’autre n’a répondu. Le lendemain donc, rester sous la pluie durant ¾ d’h., puis appeler le propriétaire (il n’aurait quand même pas oublié ?!) qui m’avait juré que je serai la première à visiter : « Oh ! I’m really sorry, the room is already gone »
Lutter contre l’envie de rentrer en France, de tout planter puisque rien ne semble vouloir fonctionner correctement. La fatigue commence à s’accumuler et le moral est en chute libre. C'est-à-dire que depuis que je suis arrivée, après ma nuit agitée dans le ferry, je n’ai fait que dormir dans des dortoirs, avec des personnes qui parlent la nuit, qui bougent et qui ronflent … Comme il pleut, tout le monde s’enrhume et forcément la nuit ça provoque des nuisances sonores assez importantes.
Jeudi soir, l’auberge de jeunesse est réservée : j’attends jusqu’à minuit, endormie sur une chaise, que la réceptionniste me laisse un lit inoccupé.
Vendredi soir je n’ai pas cette chance. Je prévois de dormir dans ma voiture, mais mon téléphone sonne… C’est Laure, une Française rencontrée au hasard d’une rue, qui est de Nantes et termine son année erasmus. Elle me propose de m’héberger et c’est avec grand soulagement que je la rejoins. Elle habite à deux pas avec son copain et deux autres colocataires polonais. Laure prend l’avion à 8h le lendemain, et elle doit prendre le bus à 4h du mat’. Nous passons donc la soirée entre Françaises & Polonais, puis nous l’accompagnons au bus… Adieux (mais on se reverra, à Galway ou Toulouse !).
On rentre se coucher … Ma première vraie nuit depuis que je suis ici !
A peine levée, mon téléphone sonne : deux filles que j’avais appelées la veille me proposent de venir visiter une maison. Je les rejoins ; la maison est à 10 min de la fac (cette fois-ci c’est vrai). Les points positifs : je serai en collocation avec trois Irlandaises (le must pour pratiquer l’anglais) et le loyer est raisonnable ; le point négatif c’est que ce sont deux chambres doubles … ce qui limite l’intimité. Enfin bon, j’ai un toit et j’emménage aujourd’hui, dimanche, à 18h.
Les filles font leur rentrée la semaine prochaine donc je serai seule jusqu’à leur emménagement.
C’est donc soulagée (!!!) que je suis rentrée chez les Polonais. Ils m’hébergent une nuit de plus ; en attendant d’embaucher (ils travaillent de nuit) nous jouons à la Playstation ; je me découvre des talents dans les jeux de combat et pour le coup, comme je garde la manette puisque je gagne, ils me font à manger… Quand on sait qu’ils sont assez machos, ça fait plaisir ;)
Voilà, la vie ici s’annonce mieux depuis que je sais où dormir.
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